Trois CV sur quatre sont «réalistes»

SELON DES CHIFFRES ETABLIS PAR LA SOCIETE DOCTOR CHEXS, SPECIALISEE DANS LE CONTROLE DES REFERENCES DES CANDIDATS A L’EMBAUCHE, PLUS DE 20% DES CANDIDATS ONT RECOURS A LA FALSIFICATION DE CV ET/OU DE DIPLOMES.

falsification de CV et/ou de diplômes.

Ainsi, sur la base de 112 CV étudiés au cours de l’année 2007, il s’est avéré que «seuls»76% des candidats ont présenté un document «réaliste». Parmi le quart restant, ils sont 11% à avoir présenté un CV mentionnant un diplôme universitaire qui n’a jamais été obtenu. Un tiers d’entre eux a même poussé la fraude jusqu’à présenter un diplôme universitaire carrément falsifié.

Ils sont également 11% des candidats à avoir mentionné sur leur CV des activités professionnelles soit embellies, soit qu’ils n’ont pas exercées. Améliorer sa position, inventer une entreprise ou falsifier des dates fait partie des «sports» fréquemment pratiqués.
Une infime proportion (2%), enfin, a réalisé «la totale», avec le cumul d’une carrière professionnelle et d’études inventées de toutes pièces.

«Les chiffres avancés sont tirés des résultats obtenus dans le cadre de notre activité, précise Audrey Clabeck, business developer chez Doctor Chexs. Nous n’avons pas la prétention d’avoir effectué des statistiques relatives à la situation de l’ensemble du territoire luxembourgeois».

Jusqu’à 8.000 euros pour un certificat professionnel

Il n’empêche. Le phénomène est réel. Du reste, certains candidats à la fraude peuvent trouver leur bonheur sur... Internet. Certains sites ont pu proposer, ces dernières années, pour quelques centaines d’euros seulement, d’envoyer des diplômes de Harvard, de Stanford, voire d’universités imaginaires. En tout début d’année, le China Post relatait le démantèlement d’un réseau de faux diplômes et licences professionnelles à Taïwan.

Une perquisition de la police a permis de mettre la main sur une centaine de faux documents universitaires. Le trafic semblait durer depuis le début des années 2000 et avait déjà permis d’écouler plus de 500 de ces faux diplômes... Les prix de vente allaient de 20.000 à 50.000 dollars taïwanais (entre 400 et 1.000 euros) pour un diplôme d'études secondaires, mais pouvaient monter à 4.000 euros pour un diplôme universitaire national ou bien le double pour un certificat professionnel.

Jean-Michel Gaudron, Paper Jam, Le 13 Juin 2008